Divers & variés

... ou la vie à l'extérieur de là où l'on devrait être...

22 août 2007

Donjon Parade Vol. 5 - Technique Grogro

Au Leclerc espace culturel, il n’y avait pas toutes les BDs que j’espérais y voir. Par contre, au rayon nouveautés adultes, je tombe sur le titre susdit. Je m’étonne de voir Donjon au rayon adultes, mais bon, la classification là-bas a tout du binaire, soit c’est « enfants », soit c’est « adultes », sans trop de discernement (i.e. tout ce qui sort de la ligne claire, dessin compliqué, c’est « adultes »). Néanmoins, Donjon, c’est violent, comme série (si !) et peut-être que l’hécatombe de tilapins perpétrée dans ce tome ne serait point étrangère à cette classification.

51NJccIg0ZLLarcenet dessine très bien les bastons. Son trait se prête à merveille à de petits instantanés violents sanglants, découpe l’action de découpe, étripage ou éviscération au mieux. Il dessine aussi très biens les monstres, mais c’est plutôt réducteur, considérant cette série (car c’est obligatoire). Reprenons. De Donjon, jusqu’à présent, je ne connaissais que les tomes Zénith, c’est mon premier de la série Parade (bien qu’en étant le cinquième). Et j’en suis fort content. Certes, le scénario n’en est guère poussé, juste honnête en rebondissements (prévisibles ?), mais parfaitement intégré dans l’univers de la série, étant cependant cadré sur des personnages secondaires.

Herbert et Marvin ne seront que très peu de la partie cette fois-ci. Marvin se prendra une raclée dès la 9ème planche et Herbert, s’il sera là une bonne partie de l’histoire, ne le sera pas sous sa forme première, la faute à l’épée du destin… Non, les héros seront Grogro (attention surprise: d’où le titre), ou comment raconter une bonne histoire avec un héros désespérément crétin, ainsi que Zongo, dont on apprendra la surprenante origine illustre. Le reste, on l’attend de la série et c’est bien comme ça, c’est de la baston, de l’action et de la ripaille (au grand dam des tilapins précédemment cités).

Seul reproche : ça se lit vite, très vite, trop vite. OK, moi, je lis vite, mais je vous défie de passer plus d’une demi-heure là-dessus. Donc ça laisse un peu sur sa faim, surtout pour 8€45… Moins cool. Bref, du pâté de tilapins pour les inconditionnels, quoi.

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11 juillet 2007

Le combat ordinaire

Hier soir, après avoir gaspillé ma (encore) belle jeunesse à faire des courses de voitures virtuelles, j'ai relu Le combat ordinaire de Larcenet. J'avais acquis le premier volume lors de mon automne tragique, l'année dernière. Puis les deuxième et troisième, dans l'élan. Le livre m'avait saisi dès la première lecture.

539_2L'introduction, en particulier, m'avait fait voir des événements réguliers sous un nouveau jour, une confrontation subite avec une réalité que je m'efforçais d'ignorer. J'ai moi aussi essayé d'interrompre une psychanalyse qui me pesait, sans plus de succès. Je l'avais débutée pour des raisons diverses, à une autre croisée de chemins, plus tôt, après la naissance de mon fils et la mort de mon grand-père, survenues en l'espace de quelques mois. Les premiers mois, à raison de deux séances par semaine, furent plutôt productifs, m'ouvrant les yeux à divers degrés. Mais la suite ne fut plus qu'une lente et longue agonie de lieux communs, où j'essayai, sans plus de succès que le personnage principal, d'abréger l'ennui inutile de ces heures allongées. Velléité vaine modérée par mon incompréhensible réticence à me séparer d'une personne qui pourtant, tout bien considéré, ne représentait et ne représente toujours rien pour moi, une politesse insensée. Mon Dr. M. était allemand, l'est toujours. Folie linguistique qui me poussa à faire une psychanalyse en allemand. Mais ce brave (je le suppose, mais c'est égal) homme, je le quitterai enfin la semaine prochaine sans un regret, tournant une page devenue vide avec le temps et la routine.

Larcenet explique simplement des choses quotidiennes que l'on ne remarque plus, comme à sa manière aussi Trondheim. Lorsqu'il reprend la route pour rejoindre sa maison campagnarde et son chat, l'autoroute défile en noir et blanc, accompagnée des pensées du conducteur. Apartés monochromes de réflexions intimes, l'enfance, la vie, la famille, les femmes. La peur. Cette systématisation du retour sur l'enfance en psychanalyse a presque quelque chose de touchant, tournée d'ailleurs en dérision dans un autre ouvrage de Larcenet: Une aventure rocambolesque de Sigmund Freud: Le temps de chien. Incapacité relationnelle, repli sur soi. Et puis la vie à la campagne (plus légèrement dans Le retour à la terre). Bref, rites de passage tus, vécus chacun pour soi, mais pas si différemment. Cette proximité simple, sans ambages, qui se dégage de cet album est rassurante, peut-être se sent-on moins seul, peut-être se sent-on compris, soudain. Reconnaissance fugitive, enfin.

J'avais essayé d'expliquer Le combat ordinaire au Dr. M., en vain. Qu'un album, bien construit, pouvait rendre palpables des choses compliquées d'une manière simple, pas arrogante. Qu'une heure investie sur un sofa avec cet album serait sans doute plus fructueuse qu'un monologue fixé sur le plafond blanc et les peintures douteuses d'un cabinet froid, impersonnel. Trop long, trop forcé, cette communication qui ne s'instaure pas et le silence meublé de mots étrangers.

Le combat ordinaire est un titre parfait, résume simplement cette confrontation intime inévitable, ces décisions qui nous attendent, la vie avec les autres. Ce n'est pas un guide de survie sur cette période de flottement indécis qui nous attend à un certain point, juste un témoignage rassurant sur la banalité insoupçonnée de ces dilemmes qui nous terrorisent, qui bloquent. Auxquels la psychanalyse peut certes apporter quelques réponses. Pas toutes.

"...et c'est pourquoi j'ai décidé d'abandonner la thérapie..."

Posté par kookabura77 à 11:57 - Littérature - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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