10 novembre 2007

Remix

Qu'est-ce que c'est, un remix? Les mêmes paroles, à peu près la même mélodie, un changement de rythme, un nouvel arrangement. En somme, pas grand chose, sur le papier, juste des paramètres, quelques loops supplémentaires, en sus de l'original.  L'original lui-même est un condensé aseptisé de studio. Le vrai original ne saurait être que la version live, sans fioritures. D'aucuns diraient unplugged. Trop restrictif. Restons-en à la version en public. Mais parfois le remix est tellement mieux que l'on en oublie la version initiale. Un exemple marquant en serait Missing d'Everything but the Girl. La version de Todd Terry a effacé toute concurrence, même la version album. Mais aujourd'hui, je ne parle pas musique. Le remix, c'est quelque chose qui se passe souvent, sans musique. Le remix, c'est un processus normal, sans doute. Le remix semble être, sinon une fatalité, une étape, une évolution. Mais ne change que peu à la mélodie de base.

La mélodie de base, c'est la litanie légère des relations humaines. Avec les variations personnelles qui s'imposent, rendent les choses uniques, impossibles à confondre. Déterminer s'il s'agit de house légère, de country ou de hip-hop est une discussion de spécialistes, de ceux qui règnent sur les talk-shows populaires, se posent en experts et inondent les temps de leur facticité vaine. Et le remix, c'est la répétition, la remise au goût du jour, avant de trouver la mélodie intemporelle et définitive, peut-être celle du silence. Une chanson, un air, ne meurt jamais, évolue, juste, les harmonies demeurent, l'accord ne sera peut-être jamais parfait, tant pis.

Je m'en suis lentement rendu compte, ces dernières semaines, à diverses occasions. En observant la présence de constantes, un modèle, une formule, une aberration mathématique, rassurante cependant. La vie résumée à une suite de chiffres, de lettres grecques, quelques vecteurs aux dimensions infinies, en boucle. Pourquoi? Ironie de l'évolution, du programme de base, de l'ultime prédestination. Ou de l'illusion du libre arbitre. Je m'en suis rendu compte, suite à diverses discussions, diverses expériences. Que l'histoire est une amusante répétition, les acteurs changent, les rôles non, ou si peu. Je dis "acteurs", seules les actrices m'intéressent. Et un petit acteur, aussi, mais c'est une autre histoire. Et les actrices sont étonnamment semblables. Trop. Toujours le même refrain.

dnastructureDe cette constatation, donc, que ce serait toujours le même type de femme, toujours le même type de personnalité qui semblerait avoir la main-mise sur ma préférence, que faire? Une lamentation littéraire frôlant le repli sur soi? Non, ça suffit, marre. J'en arriverais presque à trouver ça marrant. Et me demander d'où cela viendrait. Jusqu'ici, j'ai trouvé deux théories. La première, l'évolution: le programme génétique, ou la recherche des combinaisons assurant les meilleures chances de survie à une éventuelle progéniture. Celle qui me plairait aurait donc un ADN en quelque sorte "complémentaire" du mien. Mais je ne m'en rendrais pas compte, cela échapperait à mon contrôle, complètement. La deuxième, plus psychoanalytique: la confrontation avec l'image de la mère (ou du père, pour les dames), soit l'image profonde de la première femme (du premier homme), originelle. Et la confrontation de la diversité avec cette image bien précise, pas forcément correcte, rêvée peut-être, mais bien existante dans les tréfonds de l'inconscient. Attention, cette dernière image n'est pas forcément physique. On mélange ensuite les deux théories, shaker, voilà, on y est: le réseau inextricable des relations entre les femmes et les hommes, le grand attracteur, étrange.

Vous me direz: et l'amour, dans tout ça? L'électron libre, l'élément flottant, le cadeau bonus. Il vient perturber ou consolider les théories précédemment développés, mais ne les contredit pas définitivement. Et c'est peut-être juste un concept que les humains ont développé pour ne pas avoir l'impression de ne pas être maîtres de leurs actes alors voilà, on brode quelque chose de joli, romantique, qui satisfait chacun, mais ne fait que prouver l'écrasante supériorité de l'évolution sur les sapiens sapiens. Du coup, point d'autre choix que de faire avec, continuer comme avant. Ce n'est pas forcément plus mal. Moi, j'essaie, pour le fun, de trouver mes valeurs propres. Ce n'est pas évident. Mais ça distrait, enfin, pas trop. Il ne faut pas oublier non plus l'opérationnel. Ah oui, l'opérationnel... J'y travaille, au remix. J'y travaille.

Posté par kookabura77 à 00:55 - - Commentaires [0] - Permalien [#]


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